Andy Warhol - La ligne et l’image
Depuis le 16 septembre 2026 jusqu'au 10 janvier 2027 Musée du Luxembourg
Exposition organisée par le GrandPalaisRmn

« Je voudrais être une machine » : cette épigramme célèbre d’Andy Warhol, et son choix de la reproduction photosérigraphique au début des années soixante,ont fait oublier qu’il a d’abord été formé à l’art de l’illustration et, surtout, qu’il n’a cessé de dessiner jusqu’à ses derniers jours, reprenant dans de nouvelles mises en page les motifs si souvent répétés à la machine, comme s’il lui fallait à nouveau creuser de ses propres mains le même sillon. Le Pop art a bel et bien été inventé et perpétué à main levée...
Aussi ses dessins, loin d’être accessoires, sont une part essentielle de la conception que Warhol se faisait de son art. Et, comme ses peintures, ils sont souvent très spectaculaires.D’un premier Autoportrait daté de 1942 à des dessins à l’acrylique relatifs à La Dernière Cène en 1986, la production dessinée de Warhol est aussi abondante que variée. Portraits, caricatures, scènes de genre, planches décoratives et publicitaires, portfolios autopromotionnels, le dessin reste jusqu’à la fin des années cinquante son medium de prédilection. Celui par lequel il parvient à dépasser les influences de Paul Klee, Picasso, Matisse, Cocteau ou Aubrey Beardsley, et d’artistes américains comme Ben Shahn, Charles Demuth ou Paul Cadmus. C’est par le dessin qu’Andrew Warhola devient Andy Warhol. Les techniques qu’il met au point (tampon, lignes brisées ou obtenues par transfert, pochoir, collage...) sont généralement conçues en vue de la répétition etde la reproduction.
La peinture, puis le cinéma, l’accaparent totalement entre 1963 et 1973 : il revient au dessin à cettedate avec d’autres objectifs, étroitement liés à sa production picturale, notamment les portraits de commande, dont celui de Mao constitue le parangon. Il l’emploie désormais pour mettre à l’épreuve certaines options chromatiques, graphiques ou conceptuelles, très souvent dans des formats imposants qui excèdent largement celui d’une simple esquisse : les dessins sont fréquemment des tests à l’échelle des peintures et ont un impact similaire.
Ils permettent de mettre en évidence son inventivité technique dès les années cinquante, de réévaluerla question de la reproduction manuelle puis mécanique, notamment en considérant son rapport à la photographie.
Ils sont aussi l’occasion d’envisager avec plus de précision les passerelles entre la publicité commerciale et le grand art, et de mieux comprendre le déploiement de ses différents registres thématiques.
Des dessins et documents, rares ou négligés, permettent de pénétrer plus avant dans la fabrique (The Factory) de l’œuvre d’un artiste dont bien des aspects restent à découvrir.
L’exposition Andy Warhol. La ligne et l’image comprend environ 150 dessins, une dizaine de peintures,des sérigraphies sur papier et photographies, des documents d’archives (imprimés, scrapbooks, vidéos...) et s’articule autour de cinq sections thématiques :
Excentricités, lieux communsIllustrateur publicitaire, Warhol privilégie les images fantaisistes conformes à l’optimisme yankee.Il s’agit avant tout de procurer des images immédiatement lisibles, inscrites dans une stratégie qui va lui permettre de devenir l’un des artistes commerciaux les plus réputés de sa génération.
Abécédaires et b.a.-ba
L’écriture manuscrite (la sienne ou celle de sa mère) est omniprésente dans les dessins des années cinquante : elle n’est pas un simple commentaire mais devient partie prenante de l’image.
Visages et masques
Dès ses années d’études, le portrait et l’autoportrait sont au cœur de ses préoccupations : le visage est à la fois image et signe d’une personnalité et, si le dessin doit obéir au principe de ressemblance, il multiplie modifications et altérations, qu’elles soient purement graphiques ou au contraire hautement symboliques.
Erotica
L’abondante production d’une iconographie gay est restée privée jusqu’au tournant des années soixante-dix, diffusée dans les limites du premier cercle de l’entourage de Warhol.
Enfer et merveilles
Depuis l’attentat qui a failli lui coûter la vie en 1968, la mort est plus que jamais une obsession, comme en témoigne de façon exemplaire la série des Crânes, mais l’ombre qu’il projette est celle d’un nouveau-né.
Ouverture
tous les jours de 10h30 à 19h
Nocturne les lundis jusqu’à 22h
Fermeture anticipée à 18h les 24 et 31 décembre
Fermeture le 25 décembre
Tarifs
14 € ; TR 10 €, tarif jeune
16-25 ans : 10 € pour 2 personnes du lundi au vendredi après 16h Réservation conseillée ; gratuit pour les moins de 16 ans, bénéficiaires des minima sociaux, illimité avec le pass GrandPalais
Accès
19 rue de Vaugirard75006 ParisM° Saint-Sulpice ou Mabillon RER B
LuxembourgBus : 58 ; 84 ; 89 ; arrêt Musée du Luxembourg / Sénat
Informations et réservations





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